14/08/2015

Comics et cinéma (2) : "Avengers - L'ère d'Ultron" vs "Ant-Man", limites et atouts de la recette Marvel Studios

Avengers - L'ère d'Ultron : 2,5 / 5

Ant-Man : 3 / 5


Avengers : l’ère d’Ultron met en relief les faiblesses inhérentes au projet de l’univers cinématographique Marvel. Car au lieu de se contenter de raconter une histoire, les films qui le composent doivent faire avec un cahier des charges encombrant, celui d’installer les métrages qui vont leur succéder. Cette stratégie était au départ enthousiasmante. Nul doute que l’intérêt d’ Iron Man, Hulk, Thor ou Captain America était renforcé par la promesse de la réunion de leurs héros dans un Avengers épique qui n’a pas déçu. Mais avec le temps s’installe une lassitude certaine devant des films qui regardent trop ailleurs, vers la suite, pour réellement passionner par leurs récits ressentis comme anecdotiques dans un grand schéma narratif.


Que se passe-t-il dans Avengers : l’ère d’Ultron ? On y rencontre de nouveaux personnages intrigants qui sont appelés à être développés et à jouer un rôle central plus tard, on voit naitre des conflits entre les héros qui ne se concrétiseront que plus tard, on voit l’équipe vaincre un ennemi sous-exploité en attendant l’arrivée d’une menace ultime qui prend tout son temps pour se dévoiler. Plus qu’un film, on a donc plutôt droit à un épisode de série télévisée, ce qui ne poserait pas de problème si on n’avait pas à attendre une année pour avoir le reste des bribes de la « grande épopée » conçue dans l’esprit de Kevin Feige, et si le spectacle ne coûtait le prix d’une entrée de cinéma.

Reconnaissons qu’Avengers : l’ère d’Ultron remplit globalement sa fonction de divertissement et contient quelques idées de mise en scène, mais on est loin de retrouver l’efficacité du premier opus. Le récit est décompressé et confus, certaines scènes d’action sont rendues illisibles par des effets numériques omniprésents ou des montages trop rapides, et l’ensemble laisse l’impression d’une platitude formelle. Le résultat des compromis entre Joss Whedon et Kevin Feige est finalement une œuvre fade, pareille à un épisode de série de remplissage en attendant mieux.


Sans être exempt de défauts, le sympathique Ant-Man permet à Marvel Studios de rattraper un peu ce ratage. Le film de Peyton Reed gagne sur l’Ere d’Ultron en revenant sur ce qui fait la force de Marvel au cinéma comme en bandes dessinées, à savoir l’humanité de ses héros qui les rend proches du spectateur ou lecteur. Tandis que la licence « Avengers » peine à ménager un espace satisfaisant pour ses nombreux protagonistes, Scott Lang, le héros de Ant-Man, est un « loser » attachant, un repris de justice dont l’objectif de rédemption provoque une empathie immédiate.

L’introduction à ses côtés de personnages de la myhtologie Marvel, en premier lieu Hank Pym, homme-fourni (Ant-Man) d’origine incarné par un Michael Douglas impérial, suffit à suggérer la richesse d’un univers de fiction à explorer. L’apparition inattendue d’un personnage récurrent de l’univers cinématographique Marvel au sein de l’intrigue permet de retrouver le plaisir d’une continuité avec les autres films sans qu’elle handicape le déroulement d’ Ant-Man. Crédité en tant que coscénariste du film, Edgar Wright y a laissé un peu de son esprit « geek » servi admirablement par un Paul Rudd épaulé d’une belle bande de délurés, l’hilarant Michael Peña en tête.


Là où les séquences d’action du second volet d’Avengers manquent de légèreté à vouloir toujours plus en imposer par leur échelle démesurée, les chorégraphies gracieuses d’Ant-Man explorent avec fantaisie le concept de son héros capable de rapetisser et de commander les fourmis. Si l’on ajoute au tout une pointe d’émotion, il n’y a pas vraiment lieu de se plaindre du film de Peyton Reed, si ce n’est au sujet d’un antagoniste hélas encore une fois pas à la hauteur.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire