17/10/2014

Ninja Turtles : tout juste de quoi pousser un petit "Kowabunga"

2,5 / 5

A part un générique culte pour les enfants téléphages des années 80, c’est quoi les tortues ninjas ? Symboles pop, les 4 héros sont d’abord apparus dans un comic indépendant co-créé par Peter Laird et Kevin Eastman. Cependant la popularité de la franchise a réellement atteint son pic à la fin des années 80, entre les figurines et la première adaptation en dessins animés. Il était alors temps pour nos adolescents mutants de prendre d’assaut le grand écran, ce qu’ils ont fait dans une trilogie typée années 90 à la qualité hélas décroissante. Après l’échec au box-office d’un troisième opus qui projetait les héros dans le japon médiéval dans une vaine tentative de relancer un intérêt émoussé, l’idée des adaptations en films live des aventures de nos sympathiques tortues fut abandonnée. Quelle plus belle façon alors de fêter le 30ème anniversaire des personnages que par un retour au cinéma ?




Production de Michael Bay, Ninja Turtles possède les caractéristiques propres à l’œuvre du réalisateur. Les amateurs de la saga Transformers retrouveront ici la même ambiance décomplexée, confinant à la débilité, et le même sens de la démesure dans les scènes d’action. Cependant ce style n’est en soi pas aux antipodes de l’esprit adolescent des tortues ninjas et lui correspondrait même plutôt bien. La promesse de divertissement met cependant un certain temps à être réalisée. L’introduction explicative, entre dessin animé et bande animée, est une idée intéressante mai assez mal exploitée, et la première demi-heure en compagnie de April O’Neil (Megan Fox) est plutôt pénible. Que ce soit dans les films ou le dessin animé des années 80, la journaliste a toujours eu un côté purement fonctionnel et sa présence au premier plan, en lien avec les origines des héros, est une fausse bonne idée. On se dit une seconde que l’intérêt peut être relancé par Will Arnett, génial en magicien arrogant et idiot dans Arrested Development, mais malheureusement ses talents comiques sont ici sous-exploités. Voir l’ex-star comique des années 80-90 Whoopi Goldberg dans un second rôle sans aucun relief n’a rien de réjouissant non plus. Il faut en fait attendre l’apparition des héros éponymes du film pour que le tout parvienne à décoller un peu.


Dès les premiers dialogues entre les tortues, on retrouve la dynamique de groupe imparable entre Léonardo le leader, Raphaël le rebelle, Michelangelo l’éternel ado et Donatello le scientifique intello. Certes le look massif des tortues ne plaira pas à tous, surtout à ceux qui gardent le souvenir de leurs versions dans les premiers films et dessins animés. L’agilité et la discrétion des ninjas sont un peu en contradiction avec ces créatures qui semblent boostées aux anabolisants, dans la plus pure tradition de Michael Bay (il en a même fait un film avec No Pain No gain). Cependant cette première impression passée on ne peut qu’être réjoui du design personnalisé de chacun des 4 frères, qui faisait défaut dans les adaptations des années 80. Ninja Turles offre son lot de scènes « fun », entre la découverte des punitions de maître Splinter, son affrontement avec Shredder qui suscite un plaisir similaire aux duels de Yoda, sans oublier une poursuite démesurée avec un camion qui dévale une pente enneigée.



Au final cependant, il manque quelque chose. Déjà la mise en scène « cut » et approximative rend la plupart des scènes d’action peu lisibles. Mais surtout le métrage ne tire pas pleinement partie de la mythologie de la franchise : les antagonistes sont franchement ratés, trop nombreux pour être correctement traités. Le nemesis des héros Shredder est ainsi réduit à un robot surpuissant qui n’a pas le charisme de son équivalent dans les films des années 90, leader machiavélique à dimension humaine. Alors que des suites à ce « reboot » sont en préparation, avec la promesse d’introduction de personnages emblématiques de la série tels que Krang, le duo Beebop et Rocksteady ou Casey Jones, Michael Bay et ses collaborateurs devraient garder à l’esprit cette maxime d’Alfred Hitchcock : « Meilleur est le méchant, meilleur est le film ».

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