11/06/2014

X-Men, Days of Future Past : le film de superhéros sous son meilleur jour

4 / 5

Il y a 15 ans, le carton du premier X-men au box-office prouvait que les superhéros pouvaient avoir la côte au cinéma, et le moins que l’on puisse dire c’est que les grands studios se sont depuis engouffrés dans la brêche. Cependant, tandis que les adapatations des comics Marvel pulullaient, la Fox peinait à prolonger la franchise mutante une fois la première trilogie achevée. Il faut dire que le ratage du premier Wolverine avait de quoi refroidir les hardeurs. Après un retour en forme avec X-Men : les Origines et le second Wolverine, X-men : Days of Future Past ramène définitivement l’équipe de héros sur le devant de la scène des blockbusters cinématographiques américains avec déjà plus de 600 millions de dollars de recettes, un succès amplement mérité pour le meilleur film de superhéros depuis 10 ans ( X2 en 2003).


Au rayon superhéros, les Avengers de Whedon offraient un spectacle colossal ; X-men : Days of Future past, s’il ne manque pas d’effets spéciaux spectaculaires, a l’avantage de ne pas tout miser sur des scènes d’action titanesques. Heureusement, car on verrait mal qui parmis les X-men pourrait rivaliser avec le collosal Hulk ou le dieu Thor. La force du film de Bryan Singer (qui avait déjà signé les deux premiers opus) est de savoir tirer parti d’un univers plus riche et complexe que celui des Avengers : à l’affrontement manichéen des gentils contre les méchants du blockbuster de Marvel Studios, X-Men oppose des personnages aux motivations plus complexes. L’équipe du professeur Xavier n’est pas tant un groupe de héros prêts à sauver l’humanité  qu’une communauté persécutée qui tente de promouvoir une cohabitation pacifique avec le reste de l’humanité. Certes Magnéto et ses acolytes font figure d’antagonistes récurrents dans la série, mais leur agressivité relève plus de l’auto-défense et de la préservation que d’un véritable désir de pouvoir et de conquête du monde.

Reprenant et développant considérablement un des arcs des X-Men les plus célèbres, conçu au début des années 80 par leur auteur de référence Chris Claremont (scénariste de la série de comics pendant 15 ans), Days of Future Past met le conflit entre humains et mutants au cœur de l’intrigue à travers la menace d’un futur apocalyptique où les mutants ont été décimés. S’ensuit un récit de voyage temporel ambitieux qui pourrait perdre le spectateur, si le tout n’était pas mené avec une fluidité et un rythme admirables. La mise en scène de Bryan Singer, aux pics créatifs impressionnants (une scène d’évasion du Pentagone à couper le souffle, une imagination constante dans la représentation des pouvoirs des différents mutants) confère à cet opus une élégance formelle incontestable. Quant au scénario, malgré le postulat tragique de fin du monde et l’aspect funèbre du film, il laisse une place de choix à un humour récurrent, alliant avec intelligence divertissement et gravité.



Enfin, le film réussit l'exploit de trouver un équilibre idéal entre sa myriade de protagonistes. La participation du casting de la première trilogie des X-Men, auquel vient se joindre celui de X-Men : Les Origines, permet de retrouver la quasi-totalité des acteurs de la saga au cinéma, dans un élan feuilletonesque que les studios Marvel créent de leur côté un peu artificiellement (chaque héros a son film et on les réunit pour Avengers). Cette profusion de personnages peut certes paraître confuse et inutile, mais pour les fans de comics (dont je fais partie depuis une vingtaine d’années), ce sens du détail fait le sel de ces adaptations. Les non initiés trouveront cependant entière satisfaction grâce  aux prestations sans faute de la troupe d’acteurs réunis, avec en tête l’indétronable Hugh Jackman et les intenses James McAvoy et Michael Fassbender qui ont tout loisir de mettre leur talent au service d’une intrigue qui ne perd jamais ses protagonistes de vue. De bons personnages sont essentiels à une bonne histoire, et c’est là où les X-men prennent subtilement le dessus sur des Avengers à la psychologie peu approfondie (Thor, la Veuve noire, Œil de Faucon) ou vampirisés par leurs interprètes (Iron Man / Tony Stark s'efface derrière Robert Downey Junior). 

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